Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Aujourd'hui je vous écris
Aujourd'hui je vous écris
Menu
L'identité antillaise

L'identité antillaise

Les Antillais, ou les Africains, parce qu'ils sont noirs, sont souvent vus comme étant plus influençables que les autres nations.

 

En ce moment, le peuple antillais se sent, de plus en plus, mobilisé par les problèmes qui surviennent en Afrique de l'Ouest ou en Afrique centrale, et qui semblent être mis de côté par le reste du monde. En fait les pays en question ne s'impliquent pas toujours, du fait de leur extériorité naturelle à ce qui se passe ailleurs de chez eux. Par exemple, tout pays aura tendance à se protéger du virus Ebola plus que d'aller et s'ouvrir, au risque d'une contamination.

La misère dans les pays d'Afrique a toujours soulevé un certain émoi chez les Antillais, en particulier, lorsque ce qui les frappe nous frappe nous aussi. Il s'agit là des mêmes maladies que nous combattons, grâce à nos progrès en médecine; ou des virus contagieux que nous avons vaincu grâce aux vaccins. De même que cela nous leur apportons un peu de soutien contre la famine et la soif, dans une bien moindre mesure. Je me souviens d'avoir toujours participé, à l'école primaire, à des campagnes de dons en nature, pour Haïti. Et plus loin que cette île, les pays d'Amérique Latine et l'Afrique ont toujours fait partie de nos préoccupations en la matière.

Cet instinct d'entraide va désormais vers les pays du Maghreb, dévasté par les guerres arabo-israéliennes et le terrorisme à la Boko Haram ou l'Aqmi.

Cela se voit dans les actes de dévouements envers la population arabe, la prise de parti pour la Palestine, contre Israël, juqu'aux actes d'attentats commis par nos "nouveaux" musulmans1.

Alors que les antillais se revendiquent, eux-mêmes, comme étant une nation musulmane par nature, un phénomène de logique de camp semble s'être formé avec les antillais. Ceux-ci semblent être sensibles au cas arabe.

 

Film Lascars

Film Lascars

Le faux malaise identitaire des antillais et antillaises noirs

On prétend qu'il ne s'agit là que d'une attitude d'assimilation de l'Antillais. Or, nous constatons que les pays noirs d'Afrique ont adopté, il y bien longtemps déjà, la religion musulmane. Or ceux-ci ne manifestent pas de dissensions sur les questions islamiques, comme chez les arabes du Maghreb - sans vouloir faire de racialisme.

Les Africains noirs, après avoir été, dit-on, conquis par les arabes, ont été islamisés, puis ils ont tissé des relations commerciales -avérées- avec les peuples au Nord du Sahara. Ils commerçaient par exemple les épices, l'or, ou les étoffes. Cela créa un échange allant dans les deux sens, bien avant le commerce avec l'Europe. Malgré toutes les démonstrations tendant à faire croire que les arabes (au nord) auraient balayé culturellement et ethniquement le sud, il faudra remarquer que l'aliénation et l'assimilation de la culture noire africaine par ces derniers ne tient pas. Et il ne suffira pas de sortir à tout bout de champ que les Noirs sont aliénables et qu'ils aiment à se prendre pour les autres, afin de s'en servir. En effet on ne peut guère montrer les traces d'une quelconque aliénation, bien que l'on puisse montrer l'étendue des rapports entre arabes et africains (noirs).

Cette façon de voir l'homme africain, découle donc d'une expérience très récente de l'homme noir. En fait, cette vision est née au cours de l'esclavage et la colonisation, lorsque le principe d'assimilation, était imposé à l'homme noir, ainsi que la valorisation de ce comportement.

 

L'identité antillaise

 

La cause : le délaissement par les autres nations

L'époque moderne fait naître un type de gens assimilés par la culture occidentale, mais qui s'y refusent catégoriquement. Il résultera deux types de cultures antillaises.

Premièrement, la résistance culturelle de l'Antillais a permis de surmonter l'assimilation de force. On trouve donc des personnes avec un relief culturel authentique.

À l'opposé, ce sont les antillais assimilés qui semblent souffrir, alors, d'une perte de repères identitaires. Mais, cela ne se présente qu'au moment  de leur "dé-ssimilation", selon mon avis. Comme le dit l'adage local : "nou té anlè chouval, yo mété nou assi milé."2

Or, à aucun moment, nous n'avons eu la preuve que l'islam fut imposé aux africains, ce qu'il eut été aisé de faire, étant donné l'infériorité militaire que l'on attribue aux peuples noirs, ou du moins, leur très réputée simplicité d'esprit, dans la négociation. Personnellement, je ne vois nulle raison de croire que les peuples Noirs de l'époque furent aussi dupes que cela.

 Cela étant, la culture noire ayant fait son chemin plus qu'on ne s'y attendait, nous voilà désormais au point où les antillais réclament leur appartenance à tout ce qui se rattache aux peuples Noirs de l'Antiquité, qu'elle soit égypto-nubienne, ou bantoue...

Je vois dans le comportement d'empathie pour les arabes, une forme d'esprit de solidarité et de soutien morale de l'opprimé, et d'autre part une grande forme de liberté car c'est par leur propre chef que ceux-ci se vouent à cette cause.

À mes yeux, la culture africaine, et afro-descendante se réaccapare les éléments constitutifs de son existence et elle se réapproprie certainement une forme de fraternité avec les arabes. Cela mériterait d'être étudié, dans le temps, depuis l'arrivée des premiers arabes. La seule nation à aider les arabes ne le ferait donc pas par identification aliène, mais par solidarité avec les délaissés du système.

 

 

 

L'ouverture sentimentale des antillais, mise en exergue dans ce conflit, est un comportement quasi culturelle. Il s'agit d'une volonté de combattre l'oppresseur quel qu'il soit, et de défense du délaissé, qui trouvera là l'unique main fraternelle, s'il devait en rester une.

Ainsi, la réponse "empathique" de l'Antillais face aux arabes ne tient pas d'une quelconque assimilation, mais plutôt d'une identification, juste, avec ses propres repères africains. Ce phénomène ne tient pas non plus d'une idéologie particulière, puisqu'en réalité, qu'il s'agisse d'un terroriste antillais de Paris, formé chez Al-Qaïda, ou bien d'un simple ouvrier de la ratp, le faible, quel qu'il soit à son tour, trouvera toujours cette main solidaire de l'antillais.

 

 

 

Notes

1. En 2012, le franco-algérien Mohammed Merah, formé au maniement des armes par les réseaux islamiques, commettait un double attentat. Cela avait mis au grand jour les filières terroristes secrètes qui recrutent des français. Et parmi ces français, se trouvent des antillais convertis à l'Islam. Voir article d'Outre-Mer 1ère : Convertis à l'islam et djihadistes, ils révèlent un "malaise identitaire"

2. Nous étions sur des chevaux, on nous a mis sur des mulets (assi milé)