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Le LKP sur une terre de conflit entre ethnies... ?

Le LKP sur une terre de conflit entre ethnies... ?

LE LKP SUR UNE TERRE DE CONFLIT ENTRE ETHNIES... ?

 

 

Il y a une dimension de l'espace caribéen qui est très négligée : la multiplicité des apports, en faveur de son peuplement.

On peut certes discuter l'idée de la multiculturalité de cet espace (voire son interculturalité) ; mais on ne peut qu'admettre, que plusieurs nations ont foulé ce sol.

Moi qui ne suis pas historien, je prétends connaître que lorsqu'un bouleversement survient dans une société, de nature à la transformer radicalement, et à modifier le comportement, et l'histoire des individus, il faut alors corriger la perception qu'on en avait.

La Guadeloupe, et la Martinique, puis, les autres îles de la Mer des Caraïbes également, ont vécu dans leur histoire au minimum les deux premières époques suivantes : l'ère des Peuples Caraïbes, puis, celle succédant à la rencontre avec le monde européen.

Un troisième moment important dans l'Histoire de cette partie du monde, sera la signature du Traité reconnaissant la Liberté des individus qui la peuplaient, mettant ainsi fin à l'esclavage.

 

Un membre de la "communauté" syrienne de Guadeloupe

Crédit photo : https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/societe/rassemblement-de-soutien-au-peuple-syrien-339385.php

Dans la genèse de la "Nation" antillaise (Guadeloupe, Martinique et Guyane) nous devons n'en retenir qu'une, car nous ne pouvons faire coïncider cette Histoire, avec celle de l'occupation par les Occidentaux, sachant notre inexistence antérieurement.

Voilà pourquoi je tiens à défendre l'idée que nous nous trompons dans l'approche que nous avons de l'ère post-esclavagiste. Car, je crois qu'il faut, encore, la scinder, en deux ou plusieurs époques.

 

1900 : une époque de "transition"

En 1848 environ, la France est secouée par les révolutions, ce renversement des idées qui balaye le 19è siècle. Toutes ces révolutions amènent le peuple français à revoir le fonctionnement de la société, amenant également un changement des idées sur l'esclavage indépendamment de ce qui existe dans l'esprit des révolutionnaires "Nègres"...

Il y a donc, selon moi, une époque de transition durant laquelle, alors que les Antillais n'avaient pas encore pris les rênes de leur destin, de façon complète et sans partage, on assiste à une remise à plat des relations entre la Métropole et ses îles.

Cette remise à plat des relations semble émaner du peuple antillais qui joue sa part, mais il n'en est rien.... Au cours des années allant de 1848 au début des années 1900, et ensuite, de cette dernière, à l'année 1947, année de la Départementalisation, les descendants des guadeloupéens seront dépendants de la volonté politique de l’État français.

Ainsi, et sans même le vouloir, des mesures sont appliquées pour les territoires extra-nationaux, sans que ne soit consultée la population engagée.

 

1947 : une époque charnière en terme de distribution du pouvoir

Dans ce bouillonnement social, qui voit s'affronter les populations issues de l'esclavage et de la colonisation, viendront s'ajouter deux autres composantes, non détentrices de pouvoir : les originaires de l'Inde et les Syriens et les Libanais, qui forment un groupe à part. Aucune de ses deux dernières composantes ne pouvait prétendre détenir de pouvoir réellement. Cette réalité était encore plus flagrante chez la population indienne qui n'en détenait strictement aucune.

Comme je le disais, progressivement les guadeloupéens affirmeront leur autorité entre 1900 et 1947 : on pourrait citer les personnalités politiques à l'exemple Félix Éboué ou Gaston Monnerville...

Pourtant, alors qu'on pouvait s'attendre naturellement, et légitimement, à ce que le pouvoir soit confié d'emblée à la population originaire de l'Afrique, autant ethniquement que socialement, cette redistribution du pouvoir n'a pas véritablement eu lieu ainsi... Et j'en veux pour cause ; à la suite de l'abolition où l'on a vu s'opérer l'exercice du pouvoir par la France elle-même, on a basculé soudainement dans l'époque post-coloniale, à une situation où, tout aussi brusquement, une partie du pouvoir économique se trouvait aux mains des populations immigrées, et où une partie du pouvoir de décision était de fait répartie, déjà, entre ces différentes composantes. Par exemple, certaines figures politiques (maires) et des fonctionnaires, issues de ces populations étaient déjà présentes. Ainsi, lorsque la Départementalisation se met en place, de même que les pouvoirs déconcentrés, et que le peuple guadeloupéen reçoit le niveau de décision "spécifique" qui lui correspond, les cartes sont désormais aux mains de plusieurs groupes assez distincts.

 

La soupe figée...

C'est, dans toute cette agitation, que nous en arrivons à ce que nous connaissons aujourd'hui. Dans cette soupe non figée où les ingrédients sont en suspension, une dominante semble avoir émané, celle de la composante issue de l'esclavage. Et cela l'est en grande partie... Pourtant le dessus en terme numérique, et en terme d'Histoire, n'ont pas suffi à favoriser le verrouillage des instances au profit de cette composante. Et, pareille aux soupes imbibées de viande gélatineuse, elle est arrivée à se fixer autour de ces divers ingrédients, sans que l'une d'elles1 n'eut le temps de s'en extraire, contrairement on se qu'on pourrait attendre.

Crédit photo : https://www.guadeloupe.franceantilles.fr/diaporamas/l-arrivee-des-premiers-indiens-en-guadeloupe-commemoree-564075.php

Une commémoration indienne de Guadeloupe

Une commémoration indienne de Guadeloupe

Dans le monde caribéen, la Guadeloupe est l'une des contrées où, peut-être par chance, s'illustrent le mieux les contradictions...

1 : la composante Afro-antillaise ?